L’article porte sur le projet de revue avorté Gulliver (1960-1964) et la fascination qu’il a pu exercer dans plusieurs revues d’idées postérieures: Il Menabo (1964), Lignes (1990), Riga (2003) et Atopia (2007). Comparer les différentes manières de réfléchir l’échec de Gulliver permet de préciser la finalité et la nature de ces gestes archéologiques, et, dans le même temps, de saisir ce que produit la forme revue quand elle rencontre à la fois l’imaginaire de l’échec et la mythologie de la radicalité. Mais comme épreuve de l’épuisement du collectif, Gulliver invite finalement à réinventer la revue, fût-ce en-dehors d’elle-même. Comme dispositif de saisie réactualisante du passé, l’ensemble constitué par Meine Lieblingsflops (2010) et Album (2010) d’Hans Magnus Enzensberger offre en effet une manière de renouer avec la topique de Gulliver, fût-ce au prix de faire de l’auteur singulier le seul principe de collecte possible de l’hétérogène et de reconstruction de la temporalité.

 

Céline Letawe, 12 janvier 2018

Pour citer ce billet

Céline Letawe, « La revue comme échec. Sur quelques avatars du projet de «Revue internationale» (1960-1964) », Genèse et actualité des humanités critiques [En ligne], Article, mis en ligne le 12 janvier 2018, consulté le 23 février 2018. URL : http://genach.sociodb.io/index.php/billets/fiche/15